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POURQUOI LA VENTE DE NOS DONNÉES PERSONNELLES (CONTRE UN PLAT DE LENTILLES) EST UNE TRÈS MAUVAISE IDÉE
http://www.casilli.fr/2018/01/13/pourquoi-la-vente-de-nos-donnees-personnelles-contre-un-plat-de-lentilles-est-une-tres-mauvaise-idee/

"La proposition de revendre les données issues du digital labor] pose d’abord un problème éthique: de fait, la commercialisation des données personnelles créerait un énième « marché répugnant », formule parfois utilisée pour définir les marchés (comme l’achat d’organes, ou les paris en bourse sur les attentats terroristes) qui sont problématiques et intrinsèquement imprudents. A-t-on le droit de vendre un bras ou un œil? Le fait de vendre les données pose le même type de difficultés car ce marché présupposerait un droit de propriété privée sur les données personnelles. C’est une dérive très dangereuse vers la « privatisation de la privacy », que j’ai dénoncée ailleurs. Ces considérations s’appliquent à plus forte raison au digital labor, qui produit de la valeur en s’appuyant sur un contexte collectif – les sociabilités ordinaires, le partage au sein de communautés d’utilisateurs. Quoique personnelles, ces données, ces productions digitales, ne sont pas du ressort de la propriété privée, mais le produit d’un commun, d’une collectivité. Par conséquent, la rémunération devrait chercher à redonner aux commons ce qui a été extrait des commons.”

"Pour en sortir, j’ai à plusieurs reprises prôné un revenu universel numérique financé par des impôts sur les profits des plateformes. Dans une interview récente, je résumais ma position de la manière suivante : A universal basic income would protect the digital labor workforce] by recognizing the data labor that flows through the platforms. This has already been argued by a report by the French Ministry of Finance in 2013, and in a report by the Rockefeller Foundation last year. The digital giants should not be taxed on the basis of how many data centers or offices they have in a country, but on the basis of the data produced by the users of the platforms. If there are 30 million Google users in Italy, it is fair to tax Google based on the profits they made from these users’ activities. In this way, one could fund a basic income, arising from the digital labor that each of us carries out on the internet or on the mobile apps we use.”

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OA: Je ne suis toujours pas fan de cette formule de "revenu de base numérique" financé par la taxation des plateformes. Cela s'apparente selon moi à un commerce triangulaire, c'est-à-dire à de l'esclavage. Cela dit sans aucune animosité, et même en pure amitié.

https://www.youtube.com/watch?v=wmD2WOQI8qU

AC: amitié avec l'esclavage c'est un peu fort

OA: Je veux dire que j'ai beaucoup d'amitié pour toi mais je ne pense pas que ton idée soit la bonne.

AC:tu connais ma position (parce que je l'ai exprimée ici http://ijoc.org/index.php/ijoc/article/view/6349/2149: l'usage de termes tels "esclavage" ou "colonialisme" (surtout quand cela est fait par des personnes comme toi (et moi) qui dans ce cas n'occupent pas la place de ceux qui subissent une forme structurelle d'injustice ou une forme historique de violence) devrait être évité dans la mesure où leur appropriation atteste d'un risque de galvaudage ou de "déhistoricisation" des notions -- et des événements qui les ont façonnées.

OA: Cette recherche de nuances est toute à ton honneur. A propos "making invisible work visible", c'est peut-être le moment (Réforme du Newsfeed* *) de lui faire connaître le prix de nos "strong ties" dont il admet qu'ils ont beaucoup de "value" ?

Pour ma part, disons que je passe(ais) environ une heure par jour sur Facebook à développer ces liens et ma propre documentation professionnelle (En dehors de cela, j'y passe aussi du temps à titre "récréatif". Ce point est évoqué plus bas*). Comme mes liens et ma documentation sont irrécupérables par la système backup de Facebook, je suis obligé de constater que Facebook se les est appropriés contre mon gré. Voyons combien cela coûte...

365 heures par an. Arrondissons à 50 jours par an.
Si je compte mon prix de journée à 1 K$/jour (c'est très raisonnable, les avocats de FB sont payé 1 K$ de l'heure), ça fait 50 K$ par an. Comme je suis (j'étais) sur Facebook depuis 7 ans, ça fait une facture de 350 K$.

Imaginons que je suis dans la moyenne des utilisateurs de Facebook en terme de durée d'utilisation et d'ancienneté. On pourrait donc multiplier ce coût par le nombre d'utilisateurs (non pas les 2 milliards actuels mais disons 1 milliard pour faire bonne mesure). On obtient donc le chiffre de 350 000 000 000 000 $ (Trois cent cinquante mille milliards de Dollar).
Mark, tu fournis une véritable interopérabilité des données personnelles, ou bien tu rembourses. Salut !

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Notes

(*) Le temps récréatif n'est pas décompté. En effet, le divertissement fourni par Facebook est financé par la publicité. Chacun paie pour ce divertissement à travers sa consommation quotidienne de produits surfacturés à cause de la pub.

(* *) Réforme du Newsfeed
https://www.casilli.fr/2018/01/12/reforme-du-news-feed-pourquoi-pour-facebook-le-seul-reel-qui-compte-est-celui-faconne-par-ta-grande-mere/
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