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Hommage à YannLeGuennec lu lors de son inhumation.

OlivierAuber, 13 juillet 20014

Yann, tu es mort d'un bug, d'une erreur de rythme cardiaque, comme une machine qui plante.

Tu nous laisses une montagne de codes, dont chacun résonne comme un mystère abyssal, une question sans fond sur ce qui sépare l'homme de la machine, le vivant du non-vivant.

Toute ta vie, tu l'as passée à traquer ce qu'il y a de machinique en nous, dans nos relations et nos constructions sociales. Chaque fois que tu flairais l'algorithme caché, l'automatisme mimétique, la manipulation sournoise, le faux-semblant ou les paroles creuses, tu les démontais, puis tu fuyais ces marais spongieux ; tu disparaissais, en prenant soin d'effacer toute trace de ton passage.

Pas un domaine de l'activité humaine n'a résisté à ton investigation critique : l'industrie, les réseaux, la politique, les institutions de l'enseignement et de la recherche, le système de l'art, la religion aussi. Rien ne t'a résisté, sauf : l'amour de ta famille, et notre amitié !

Yann, ton œuvre est un appel à rechercher coûte que coûte ce qui nous reste d'humain, en ce temps où la machine prétend nous envahir définitivement. Nul doute que ton appel trouvera bientôt un écho et que ton œuvre, immense, sera reconnue comme telle.

Ensemble, nous avons cherché le "code de fuite" de la "perspective numérique" qui pourrait un jour réunir l'humain et le non-humain d'une manière légitime. Je te le promets aujourd'hui, je continuerai cette quête, et j'espère que je sentirai toujours ta présence bienveillante à mes côtés.

Mon ami, que ta force soit avec nous.

 hommage

Texte paru initialement sur Framasphere
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