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A propos du projet http://www.sard-info.org/

Le 5 septembre 2009

YannLeGuennec a écrit :

Si le but de l'opération est de faire une passerelle entre des mondes qui ont plutôt tendance à s'affronter pour le moment, il me semblerait intéressant de s'inspirer un minimum de l'existant en reconnaissant au moins la notion d'auteur et la diversité possible des interventions en rapport avec une oeuvre donnée, le tout dans un but de répartition plus souple et facile d'accès que ce qui existe actuellement à travers la gestion des droits. Donc dans ce cas: on ne donne pas aux oeuvres , mais aux auteurs.

S'il s'agit à l'inverse de faire un catalogue d'oeuvres (au sens d'une oeuvre = un artefact numérique) auxquelles on peut donner de l'argent (ce qui n'a aucun sens en soi), argent qui est reversé à celui/celle qui les ont inscrites (les oeuvres) dans ce catalogue ... on sombre dans une espèce d'absurdité assez propice à l'escroquerie organisée, pas seulement intellectuelle, et une fois de plus, on n'apporte aucune solution nouvelle à la fameuse question de la rémunération de la création sur internet.

yann


Jean-Pierre Depetris a écrit :

Ca c'est très bien résumé. C'est ce qui m'avait fait confusément tiquer sur l'idée au départ, et qui n'était toujours pas clair.

j-p


OlivierAuber a écrit :

Je partage plutôt l'analyse de Yann et de Jean-Pierre. Il faut trancher entre oeuvre et auteur...

Voici comment je vois ce projet, vu de ma fenêtre et avec beaucoup de doute forcément:

Ce qui m'intéresse potentiellement dans cette histoire de SARD, c'est la notion de "don", dans la perspective de dévier une certaine masse monétaire du circuit économique usuel (valeur d'usage contre valeur d'échange pour le dire vite) pour alimenter un nouveau mode d'interaction - peut-être ancien dans ses fondements mais qui a disparu - ajusté aux outils et pratiques d'aujourd'hui.

Il me semble que de toute éternité, on ne donne pas "pour" ou "à" quelque chose, mais on donne simplement quelque chose à autrui.

La notion d'oeuvre est pour moi secondaire; comme celle de l'argent. Ce sont des pré-textes. C'est le texte qui est important. C'est lui qui relie les gens. En forçant le trait pour pousser le raisonnement à sa limite, j'aurais envie de donner, par exemple à quelqu'un qui a prononcé une simple phrase ou bien qui a accompli telle ou telle action que j'ai perçues comme ayant un sens. Je me fous pas mal que cela soit étiqueté comme une oeuvre ou pas. Cela peut en être une, mais seulement éventuellement.

Alors pourquoi une SARD, puisque chacun, dès aujourd'hui, peut en principe donner ou recevoir comme bon lui semble?

Parce que dans SARD, il y a "acceptation" au sens d'accepter de recevoir, et aussi de donner, donc accepter de mettre un pied dans une forme d'échange de dons, c'est à dire sans contrepartie. La SARD peut rendre cela tangible.

Dans SARD, il y a l'idée de prélever, ou plus justement de réserver à la source des échanges, à savoir au niveau de la connexion au réseau, un montant forfaitaire dont chacun peut disposer comme bon lui semble à l'intérieur de cette forme d''échange. La SARD peut donc créer un circuit monétaire nouveau. Cela n'est pas mince dans le contexte actuel où la vraie-fausse gratuité tend à faire disparaître l'échange monétaire, voire la monnaie même, - au profit de la "valeur d'otage" dirait Baudrillard - .

Malheureusement, dans SARD, il y a le mot "répartition" qui est possiblement un source d'emmerdements infinis si on le prend au sens de centralisation, de comptabilité et de distribution, tel que la SACEM l'entend déjà.

Ce "R" me parait donc problématique. Imaginons un instant qu'il disparaisse. Cela ferait quelque chose comme SAD ou bien SAAD: "Société des Auteurs Acceptant les Dons"

La SAAD tiendrait à jour un registre desdits auteurs. Tout-un-chacun pourrait y adhérer sans aucune forme de sélection sur la nature des "oeuvres", si ce n'est une sorte d'engagement sur l'honneur de ne pas subordonner leurs livraisons au paiements effectués grâce au service de la Société. La SAAD n'accepte donc pas ceux vendent exclusivement des CD à l'unité, pas plus que les boulangers-pâtissiers.

La SAAD mettrait à disposition de ses adhérents, disons une sorte de widget de micropaiements compatible avec tous les circuits bancaires usuels (paypal, etc.). Au moment de la "transaction" (même si cela n'en est pas une, mais bien un don), le widget en question s'assurerait de l'inscription du récipiendaire auprès de la Société, du crédit du donateur auprès de son fournisseur d'accès, puis exécuterait le transfert entre leurs établissements bancaires respectifs.

Le dispositif ainsi réalisé est totalement acentré du point de vue des flux monétaires. Pas de comptabilité centrale.
La SAAD ne fait qu'assurer au donateur qu'il donne bien à une personne auquel il attribue la qualité d'auteur, non pas à un robot ou bien à des systèmes compliqués manipulés par on ne sait qui.

Voila

Olivier Auber
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