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Norme de perception

Avec l’invention de la perspective, le tableau de paysage devient la norme de la perception de ce qui nous entoure. Nous voyons « en perspective ». Autrement dit, nous supputons les distances qui séparent les objets les uns des autres, par plans successifs du plus proche au plus lointain. L’éloignement des objets étant rendu sensible par une diminution réglée de leur importance par rapport à une ligne de fuite située à l’horizon. Ce dispositif noue structurellement la variable spatiale et la variable temporelle, dans une sorte d’aller- retour permanent. En effet, à l’ immédiateté de la perception globale du tableau - on envisage le tableau dans son ensemble d’un seul coup d’œil- s’oppose la conscience des distances à parcourir entre les objets, distances rendues manifestes par l’étagement des plans. Ce sont autant d’étapes à parcourir, évaluées en terme d’attentes et d’atteintes. Les paysages peints indiquent et montrent, visiblement, des retards dans le temps : le plan le plus lointain est aussi le plus éloigné dans le temps du parcours suggéré. Ainsi, et contrairement à ce que l’on croit, c’est moins le lointain qui est rendu visible, que le temps du parcours à effectuer pour le rejoindre qui est rendu sensible. Dans ce schéma, l’organisation spatiale est au service de la temporalité, et celle -ci se donne de deux manières : dans l’immédiateté de la capture et dans la segmentation des moments successifs de la reconnaissance. Ce qui est ainsi donné dans l’immédiateté de la vision est retiré par la mise en perspective des moments différents du temps. C’est là un « Nouage » particulier qui nous donne le sentiment de l’ unité des choses, de leur cohérence, car les deux axes suivant lesquels se forme la conscience que nous avons de la réalité, l’espace et le temps, se trouvent sollicités ensemble dans le jeu complexe de la représentation picturale, dans une sorte de ballet, de danse où quand l’un des deux paraît, c’est au détriment de l’autre et ceci dans un même mouvement de prise et de déprise.

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